Ce qui ne me manque pas dans mon boulot dans la mode

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Si tu me suis depuis longtemps ou depuis pas longtemps d’ailleurs, pendant 3 ans j’ai été fondatrice et rédactrice en chef de mon propre magazine de mode et d’art contemporain sur Paris. Alors cet article, c’est pas pourquoi j’ai arrêté, mais ce qui ne manque pas 4 ans après.

Mes années dans la mode ça a été de 2010 à 2015, juste 5 ans, pas très long long en soit mais bon, suffisamment pour me faire mon propre avis. Alors attention, c’est un article subjectif. Ça ne veut pas dire qu’il s’agit de la vérité générale sinon je sens que ça va s’étouffer dans son égo.

Ce qui ne me manque pas dans la mode :

  • Les lapins. Je ne sais pas si un shooting se passe une fois correctement. C’est simple, 4 shooting par magazine, 4 magazines par an. UN STRESS MAIS UN STRESS. Tu avais beau tout organiser au carré, y a toujours quelqu’un qui te file entre les doigts sans prévenir. Photographe en retard de 4h parce que grosse cuite, mannequin qui annule au moment même pas parce pas envie, maquilleuse qui ne vient jamais sans prévenir, sans raison, etc. À chaque fois. Et si tout se déroule bien, le retard possible pour recevoir les photos. Je ne sais pas à quoi c’est dû. Si c’est parce que ce sont des artistes et donc la notion du temps est un concept abstrait. Et si un shooting se passait bien, que t’avais les photos en temps et en heure, et bah si ça se trouve ce sont les chroniqueurs qui vont être en retard sur d’autres choses, et tu passes ta vie à faire la police. Maintenant, je contrôle mon temps et mes imprévus et ça va mieux.
  • Les divas. Quelque soit le métier, y a toujours des divas que tu croises à un moment donné. Des gens qui pensent que tout leur est dû. Des gens qui ne veulent pas prendre le métro pour 2 stations mais qui réclament un taxi. Des gens qui ne veulent pas marcher entre le métro et le shoot. Des gens qui annulent au dernier moment auprès de l’agence car finalement c’est pas assez bien pour eux. Des gens qui sur place soupirent, regardent tout le monde de haut, râlent en permanence…. Les mannequins qui se s’épilent pas parce que photoshop. Les gens qui mettent leurs restos sur ton dos sans prévenir. Maintenant je ne me focalise que sur une seule diva qui s’appelle Aurore.
  • La disparition de la vie réelle. Tout est du paraître quasiment. Tout le monde fait semblant d’être super super ami, ouais ouais grave faut qu’on se prenne un café. Et vas y que ça lèche des couilles à tout va pour gratter des places de fashion week. C’est le jeu en vigueur, et si tu n’y joues pas tu n’y arriveras jamais. C’est très dur de rester qui on est. Si t’es à contre courant et ba bon courage ! Il n’y a plus d’horaire, plus de week end, plus de vacances. L’emploi du temps c’est la fashion week. Et tu dors quand tu peux. C’est tellement loin de ma vie à présent. Je me rappelle d’avoir couru enceinte sur le pont des arts pour ne pas louper un défilé aux Beaux Arts. Accoucher. Et quelques jours après, retourner en défilé. Ta vie ne t’appartient plus. Si quelqu’un veut bien t’accorder une interview, et que son seul créneau c’est dimanche à 1h du mat tu dis oui. Si quelqu’un t’envoie un mail un samedi à 4h du mat et qu’il faut absolument que tu y répondes : tu réponds. Et dans la mesure où on voulait exister en temps que magazine : il fallait être sur tous les pôles et être au top. Epuisant. À présent, je travaille beaucoup encore, mais j’ai une vraie vie de famille, et ma famille est ma priorité. Pas mon travail.
  • Le stress. La quête permanente de la perfection. Etre cool, sympa, intelligent, pertinent, à la pointe, au courant de tout. C’est un milieu tout petit où tout se sait très vite. Donc si par malheur vous dites à quelqu’un que vous avez pas aimé ce défilé, et ben vous pouvez vous faire sucrer vos prochaines invit alors qu’objectivement c’était vraiment moche. L’attente quand tu as ton invitation défilé avec ton nom, et que le vigile te snobe. Te mettre dans un état pas possible pour des habits. Aujourd’hui je suis loin de tout ce faste, oui les défilés c’est cool, mais ce n’est plus mon centre d’intérêt. Je me sens plus attirée par d’autres domaines. Mais en substance j’ai le sentiment d’avoir passé 5 ans à être stresser pour de la merde superficielle.

Aujourd’hui, j’ai une vie vachement plus simple, je continue à m’intéresser à la mode, mais de loin, juste comme une fille qui aime bien s’habiller c’est tout. La vie de famille m’a rattrapée mais pas condamnée attention. Il y a des choses que j’aime qui sont passées au dessus de la mode, mais c’est mon caractère et ma vie. Ce qui est certain, c’est pour ce milieu, il faut être prêt à tout. Les compromis et les sacrifices sont légions. C’est beaucoup de travail, un peu de chance, un énorme réseau, et de la politique en veux tu en voila.

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Madi

Un commentaire Ajouter un commentaire

  1. Dévolivre dit :

    Je travaille dans une branche scientifique et je confirme, des divas, il y en a partout! 🙂

    J'aime

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