Manger de saison, et français

En habitant à Paris, j’avais accès à tout. Proche, vite, et tout. Vraiment tout. Quelque soit le pays, la saison de provenance du truc.

En adoptant un mode de vie équilibré, je pense qu’il y a plusieurs étapes, qui dépendent de la progression personnelle. Déjà, c’est dur de manger sain et équilibré en continue.

La première étape est de comprendre que manger équilibré n’est pas une punition. Souvent, c’est une période courte dans la vie d’une femme, entrecoupée de période de frustration en se vautrant dans des choses qui ne nous sont d’aucun intérêt si ce n’est celui de soulager l’espace de quelques secondes une émotion temporaire. Et derrière on se flagelle, on culpabilise, on se frustre et hop la roue recommence. Quand on comprends que manger équilibré n’est pas une punition, que ce n’est pas chiant, que ça n’a pas moins de goût alors un premier virage s’opère.

Manger équilibré, c’est offrir à son corps ce dont il a besoin, et pas forcément perdre du poids. 

Pendant 4 ans, j’ai observé avec plus ou moins de rigueur ce mode de vie, évidemment il y a eu des écarts, mais c’était 95% du temps mon quotidien. Parfois un peu plus conséquent en quantité, parfois moins, parfois un peu sucré, parfois trop gras, mais toujours autour des fruits et des légumes. Tu vois c’est par exemple un tian aubergines tomates courgettes avec un peu trop d’huile d’olive… pas bien grave en somme, mais j’ai appris de ces 4 années sur l’équilibre au sein d’une alimentation dite équilibrée.

Manger mieux, pas moins. 

Manger équilibré c’est manger plus intelligemment pour couvrir correctement les besoins de notre corps, et non les besoins uniques de nos sentiments. S’écouter oui, mais dans le mesure d’un équilibre. Oui, ce mot revient cycliquement comme les règles. Manger équilibré c’est ne rien supprimer de son alimentation, apprendre à vivre avec tous les groupes d’aliments, avec des sorties, avec des potes. Parce que c’est justement un mode de vie, on ne pourra jamais cesser de manger des féculents le soir pendant touuuuute sa vie. Et si quand bien même on y arrive pendant 2 mois, le jour où on reprend des féculents le soir, ton corps pète un cable et t’encule en te faisant reperdre du poids. Manger équilibré c’est comprendre qu’on peut manger de tout, tout dépend des dosages.

Après 4 ans de ce mode de vie, nous avons déménagé en Haute Savoie pour le travail de Nico en Suisse. Et là, plusieurs points ont changé.

Les gens ici, sont beaucoup moins pressés qu’à Paris. Ils prennent le temps de faire les choses. Cet aspect là nous a vite convaincu. De plus, là où je peux faire les courses est un peu loin qu’avant pour moi. Aller faire les courses n’est donc plus aussi accessible que « je reviens dans 5 min ». Si j’oublie un truc ça me prend 1h15 au moins, donc je réfléchis vachement plus à mes courses.

Ce début de réflexion dans l’éloignement géographique a généré une réflexion en chaine dans ma tête. 

Manger équilibré oui, respecter mon corps, mais respecter ma planète à mon échelle.

D’un coup d’un seul j’ai décidé qu’on ferait des efforts sur les déchets, qu’on allait redécouvrir les saisons. Il y a des légumes que j’adore, que je préfère à d’autres genre je préfère les courgettes à la butternut. Mais en m’obligeant à respecter les saisons, je ne prends plus de courgettes jusqu’à ce que ce soit leur tour, qu’il n’y ait plus de butternut: j’étais « obligée » de plus cuisiner du butternut et je l’ai pleinement re découvert. Ainsi que tout un tas d’autres légumes que j’avais passé à la trappe. J’ai donc développé mon goût ( et me concernant c’était pas gagné ).

Je suis née en 1990, je fais partie d’une génération consciente des efforts nécessaires pour notre planète. Parfois j’entends, « ça sert à rien juste une personne », et en quoi ça te fait un deuxième trou de balle que j’achète pas de tomates en janvier ?

Une des avancées de la génération précédente a été : la mondialisation. La notre doit être la conscience écologique. 

Je prends le temps de faire mon menu de la semaine, une liste de fruits et légumes de saison en France correspondant au mois dans lequel je suis. Et ça me prend du temps, je cherche des nouvelles recettes, dans les livres, sur Pinterest, mais j’y arrive toutes les semaines depuis plus de 3 mois. J’ai fait tout l’hiver en saison (et c’est vraiment la saison la plus reloue), le pli est pris pour moi comme pour Nico.

Quand on fait nos courses, on prend nos sacs à sac pour ne plus prendre de plastique, quitte à faire chier la marchande, mais ça je m’en branle. Et on regarde sur chaque chose qu’on achète  » provenance France ». Et ce n’est pas France, on ne prend pas. On s’autorise 1 exception de temps en temps. Mais par exemple la Nico a pris un ananas. Et j’avais envie de petit pois, j’ai pas pris car pas de France ( mais y en aura bientôt, ce qui n’est pas des masses le cas de l’ananas). Pareil, il y avait de la rhubarbe mais d’Allemagne, en mai il y en aura de France surement, donc j’attends, et je mets un peu plus de pommes dans mon panier.

En ayant passé cette étape d’équilibre dans l’assiette, géographique, économique, et consciente des déchets, on a eu un deuxième virage dans notre manière de vivre.

On mange très peu de poisson en Savoie, j’attendrai d’être en Bretagne, surtout dans la mesure où les parents de Nico ont une maison à Quiberon et les miens sur l’île de Batz. On mange très peu de viande, car on aime souvent les protéines végétales. Et en ce qui concerne crèmerie et fromages, on prend de la Savoie les 90% du temps, et de l’AOP au max.

On achète plus rien d’industriel quasiment. Je fais tout à la maison. Pain, pâtes, gâteaux, yaourts : tout. Et de ce fait on n’a plus de sucres industriels, additifs, ou conservateurs. 3 mois et demi après, je gère mes émotions par la pensée, le sport et la méditation. Et non par le sucre industriel 8x plus addictif que la cocaïne. Je mange en pleine conscience, je prends le temps de manger. En mangeant du 100% maison, je sens bien plus le goût de tout, et je suis bien mieux rassasiée par une petite portion de super quali, que une grosse portion d’indus. Je me rends compte de cela à présent. En mangeant équilibré, local, et de saison, je n’ai plus cet état de fatigue et de lassitude permanente. Je suis heureuse de mon alimentation, je suis en paix avec mon assiette, je fais du sport parce que j’ai envie de me dépasser et non pour le seul but de perdre du poids. 

Par contre, si j’y ai trouvé mon équilibre, que j’ai ce mode de vie pour moi, pour les saisons, pour la France et son économie, pour la planète et les déchets, je vais PAS péter les couilles à personne dès que je vois une courgette hors saison. Le respect et la bienveillance les gars.

Madi

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